La pelote basque
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La pelote basque

Au Pays Basque, il n’y a pas de village qui n’ait son fronton pour le jeu de pelote. Il existe, en fait, deux sortes de frontons : le fronton à un mur ou frontis, et celui qui comporte un frontis et un mur à sa gauche. Souvent, le fronton se trouve près de la place du bourg, non loin de l’église et de Herriko-Etxea (la mairie) ou Udal-Etxea. Quelques maisons du village ont vue directe sur le fronton depuis leur balcon.
On peut dire qu’au Pays Basque, il n’y a pas de festivités sans partie de pelote. Depuis quand les Basques jouent-ils à la pelote ? Nul ne le sait exactement. Il semble prouvé, toutefois, que dès les premières années du XVIè siècle apparaissent des allusions à la pratique du jeu de pelote au Pays Basque. Elément intéressant : une stèle discoïdale étudiée par Louis Colas dans son livre “la tombe Basque”. Elle date du XVIIè siècle et on peut y voir un homme jouant à la pelote à main nue.

Il existe diverses façon de jouer à la pelote, depuis le jeu à main nue et le jeu de pala jusqu’à celui qui se joue à l’aide d’une chistera (remonte et cesta punta). La pelote est sans aucun doute le sport le plus populaire au Pays Basque et le seul dont l’origine mystérieuse ne permet pas de le rattacher au travail des hommes (cf. force Basque).

Joueur de pelote basque

Les aires de jeu

D’une manière générale, chaque aire de jeu est composée d’un mur de face sur lequel deux équipes adverses se renvoient la pelote. Le mur possède une bande de fer sur toute sa largeur, à environ 1 mètre du sol, et en dessous de laquelle la pelote est considérée comme falta (fausse). La configuration de l’air de jeu est différente selon le type de discipline pratiquée. Il est à noter que les disciplines se pratiquant par l’intermédiaire d’un mur sont dites “indirectes” ou blaid, à la différence des disciplines “directes” qui voient s’affronter les équipes face à face (rebot, pasaka).

– La place libre
Représentée par le fronton, c’est l’aire de jeu traditionnelle et la plus connue; chaque ville et village du Pays Basque en possède une et l’on peut y pratiquer presque toutes les disciplines (main nue, chistera, pala, rebot…) place libre
– Le trinquet

Il s’agit d’une salle couverte possédant 4 murs sur lesquels la pelote peut être renvoyée : un mur de face, deux murs latéraux et un mur de fond auxquels se rajoute une galerie latérale à pan incliné sur toute la longueur du mur de gauche, un pan coupé situé à l’angle du mur de face et du mur de droite et un chilo (trou) situé sur la partie droite du mur de face. Les différents éléments composant cette aire de jeu pemettent des combinaisons complexes. On y pratique généralement le jeu à main nu et différents jeux de raquettes (xare, pala…)
– Le mur à gauche et le jaï-alaï
Ce sont des frontons couverts d’origine espagnole, composés d’un mur de face, d’un mur latéral gauche et d’un mur de fond. Le mur à gauche traditionnel permet la pratique du jeu de main nue et de tous les jeux de raquettes (pala, frontennis…); le jaï-alaï, de même conception mais de dimensions plus grandes est le lieu de pratique de la cesta punta.

Instrument de pelote basque

Les disciplines et les instruments de jeu

La main nue est la discipline reine de la pelote basque; lorsque l’on connait la composition d’une pelote, on apprécie mieux la grande technique des pilotaris (joueurs de pelote). La pratique de ce jeu nécessite un apprentissage long et régulier, dès le plus jeune âge, afin d’habituer les mains par l’utilisation de pelotes de différentes duretés.

– La pala est un genre de battoir de bois en forme de raquette. sa forme et son poids varie selon la discipline et le type de pelote utilisée :
la paleta (se décline en deux spécialités, selon le type de pelote utilisée : cuir ou gomme)
la grosse pala
la pala corta
la pala ancha

– Le chistera est un gant en osier tressé, plus ou moins long selon la discipline pratiquée :
le petit gant (joko garbi) et le grand gant se pratiquent en place libre
la cesta punta qui nécessite un chistera plus long et plus profond se pratique en jaï-alaï.

– Certaines disciplines utilisent des raquettes à cordes souples ou rigides et se pratiquent en trinquet, en mur à gauche ou en place libre :
le xare (ou raquette argentine) est une raquette composée d’un cadre en osier et d’un cordage souple.
le frontennis, discipline récente, est pratiquée en trinquet avec une raquette de tennis.

– Parmi les disciplines dîtes “directes” :
le pasaka, qui se pratique en trinquet et qui voit deux équipes munies de gants en cuir se renvoyer la pelote de part et d’autre d’un filet tendu.
le rebot, qui est le jeu le plus compliqué, avec de nombreuses règles, qui oppose deux équipes de cinq joueurs en place libre.

Fabrication d’une pelote
La pelote basque originelle et traditionnelle est en cuir. Elle est fabriquée entièrement à la main et nécessite 4 heures de travail. La taille et le poids des pelotes varient selon les disciplines mais leur conception est identique : un noyau en gomme ou en latex entouré de cordelettes de laine, l’ensemble étant recouvert par du cuir de chèvre cousu à la main.
C’est cette conception particulière qui confère à la pelote basque sa spécificité qui la fait “ressembler à un caillou que l’on progète sur un mur”.
L’évolution du jeu à introduit de nouveaux type de pelotes, en gomme pleine ou creuse et de vivacités variables.

La force basque

Le jeu est une partie intégrante, inséparable de l’âme basque. Tout simplement parce que le jeu a fait partie de l’existence des Basques pendant des siècles et peut-être des millénaires. De la rivalité des traînières dans leur course vers le port pour vendre plus cher le poisson, sont nées les fameuses régatas de traineras, compétition à laquelle participent les localités les plus importantes de la côte basque.
Du travail dans les forêts du Pays Basque, de l’abattage des arbres en France et même en Italie, sont nés les aizkoaris (ceux qui travaillent à la hache). Les défis entre bûcherons au fil des années restent présents dans la mémoire de tous les Basques. N’oublions pas que le travail du bois était si important en Euskal-Herria que les bûcherons se déplacaient même à pied jusqu’en Navarre pour travailler à l’abattage des hêtres et des pins dans les forêts d’Iraty.
Les travaux du bâtiment (cathédrales, églises, monastères, palais, maisons seigneuriales, fermes, etc …) où les Basques excellèrent dans les siècles passés comme carriers et tailleurs de pierre, sont à l’origine des arrijasotzailek (celui qui soulève les pierres). Les paris entre leveurs de pierres sont très populaires chez les Basques, et de nos jours, il existe des arrijasotzaile capables de soulever des pierres de plus de 300 kg.
On ne saurait davantage oublier les segalaris (ceux qui coupent l’herbe : les faucheurs). Le Pays Basque étant par excellence un pays humide et pluvieux, il est normal que l’herbe pousse drue dans les montagnes et les vallées. C’est un pays d’élevage. Au fil des générations, avec sa faux, l’homme a fauché les belardis (les prairies) dépendant de la ferme familiale. Cette herbe était mise en grange à l’aide de chars, à dos de mulets, ou même en fagots portés à dos d’homme.

On ne s’étonnera pas que de ce travail, presque quotidien du printemps jusqu’à l’automne, soit née l’idée de rivaliser à qui faucherait le plus d’herbe en un laps de temps convenu à l’avance. C’est de là que nous viennent les défis de faucheurs ou segalaris.
Un sport très répandu au Pays Basque est celui des idi probak ou concours de boeufs. Nous revenons ici aux racines d’une vie quotidienne presque jusqu’à nos jours. Ces dernières années, la mécanisation a gagné pratiquement toutes les fermes du pays.
Il y a peu de temps, il n’en était pas ainsi. Les boeufs étaient les auxiliaires indispensables à toutes les tâches et les travaux de la ferme, depuis le traînage des bois de la forêt jusqu’à celui du gurdi (char à roues pleines dont le grincement particulier avertissait de l’arrivée de l’attelage dans les chemins), porteur de foin ou de maïs ou de toute autre charge destinée à la ferme. Il est bien normal qu’entre fermes voisines, on puisse discuter des qualités respectives et de la force de l’attelage des boeufs. de là, le défi : les idi probak consistent à faire trainer par des paires de boeufs, des pierres pesant souvent des centaines de kilos. Ces paris ont lieu sur une place spéciale appelée probaleku (place des concours). L’épreuve est remportée par la paire de boeufs qui traverse la place le plus grand nombre de fois.

Croix basque Lauburu ou Swastika

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