 |
Centre industriel et commercial, Bayonne est la capitale
de la province du Labourd, elle fut fondée sur la colline au bas
de laquelle se rejoignent le fleuve Adour et la rivière Nive. Celle-ci
traverse Itxassou et Cambo-les-Bains par détroites gorges et,
à partir dUstaritz, coule plus lentement jusqu'à Bayonne
où elle effectue sa jonction avec lAdour.
Léconomie bayonnaise est essentiellement commerciale
et les entreprises sont situées sur les rives de lAdour. Le
commerce, comme lindustrie, ont favorisé et profité
de lexpansion du port de Bayonne, le troisième port commercial
du Pays Basque après Bilbao et Pasajes. Quatre installations portuaires
sont implantées sur les 7 km qui séparent le centre de la
ville de lembouchure de lAdour. Elles sont toutes équipées
de voies ferrées. Les principales exportations sont celles du soufre
et des céréales.
Les marchés dalimentation, de chapellerie
et de confection se tiennent tous les mardis, jeudis et samedis, et celui
du bétail les jeudis. Au mois de mai a lieu la grande foire -exposition
et, celle du jambon, les mercredi, jeudi et vendredi de la Semaine Sainte.
Quant aux fêtes locales, elles se déroulent du 29 juillet au
2 août. Elles sont animées de parties de pelote, de courses
de taureaux, de spectacles folkloriques, de feux dartifice, de
toros de fuego (zezenzusko), de bals et de défilés
de bandas. |
 |
Petit historique de la cité
Les origines de Bayonne ne sont pas totalement connues.
Les premiers documents qui révèlent son existence datent du
Ve siècle et se réfèrent à elle sous le nom
de Lapurdum.
Au temps des romains, elle était située
sur la colline où se trouve aujourd'hui la cathédrale.
Au IXe siècle, les vikings s'en emparèrent et naviguèrent
sur l'Adour. Il semblerait que ce soient les Normands qui enseignèrent
au peuple basque la maîtrise des techniques de navigation
et, tout particulièrement, celle qui était liée
à la pêche à la baleine. Environ un siècle
plus tard, ils furent expulsés par le duc de Gascogne,
Sanche Guillaume et la place de Bayonne devint rapidement la capitale
du vicomté du Labourd.
L'évêché de Bayonne est cité dans
un document datant de 1106, mais il est probable que sa création
soit antérieure.
En 1152, Aliénor d'Aquitaine épousa Henri II
Plantagenêt. Quand celui-ci monta sur le trône, le Pays Basque
continental, et Bayonne avec lui, passa sous domination anglaise. Richard
Coeur de Lion, qui avait reçu de son père Henri II le gouvernement
d'Aquitaine, dut faire face à de continuels soulèvements.
En 1174, il décréta la séparation de Bayonne du reste
du Labourd. La ville demeura donc sous l'autorité directe du roi
et Ustaritz devint la capitale labourdine.
Grâce à des bourgeois et commerçants actifs,
cette séparation transforma Bayonne en un important centre commercial
et en une rivale pour les autres localités du Labourd qui vivaient
encore dans une société féodale. En 1215, la ville
obtint une Grande Charte qui favorisa son expansion économique et
elle prit le nom de Bayonne à la fin du Moyen Age. En 1451, après
son rattachement à la couronne de France, sous le règne de
Charles VII, commença une époque de déclin.
la première amplification de Bayonne commença
par la colline romaine, vers le nord, vers la Nive. Ainsi naquit le "Grand
Bayonne". Plus tard, le "Petit Bayonne" fut édifié
entre la Nive et l'Adour. En dernier lieu, sur la rive étroite de
l'Adour, sera construit le quartier "Saint-Esprit" qui fut annexé
à Bayonne en 1857. |
 |
Du XIIe au XIVe siècle, les causes principales de la
croissance de Bayonne furent le commerce fluvial et maritime. Le plus grave
problème qu'elle eut à résoudre fut le déplacement
continuel de l'embouchure de l'Adour. Avant le XIVe siècle, ce fleuve
se jetait dans la mer à Capbreton, mais les mouvements de sable poussèrent
l'embouchure vers le nord, vers Le Boucau. C'est là que, en 1578,
les travaux de Louis de Foix l'établirent définitivement :
ce qui assura le développement de la ville.
Les circonstances politiques et religieuses firent que l'importance
militaire de la cité croissait à mesure que diminuait sa puissance
commerciale. On entreprit donc des travaux de fortifications qui durèrent
jusqu'au milieu du XIXe siècle. Durant cette époque, Bayonne
connut des moments de splendeur, comme celui qui débuta à
la signature du Traité des Pyrénées (1659) et qui dura
pendant tout le XVIIIe siècle. Le suivra une nouvelle période
de décadence d'un siècle environ. En 1726 fut créée
la Chambre de Commerce, et en 1784, Bayonne devint, comme Marseille et Dunkerque,
un port franc.
En 1875, le chemin de fer arriva en ville. En 1882, on y monta
l'industrie des Forges et Aciers de la Marine. S'ouvrit alors une nouvelle
étape de croissance qui, progressivement et non sans quelques crises,
dure encore de nos jours.
Bayonne aspire à être à la tête
d'un nouveau département basque qui pourrait englober la totalité
du Pays Basque continental. Actuellement, la capitale du département
des Pyrénées-Atlantiques est Pau, et Bayonne le siège
de la sous-préfecture. Par contre l'évêché de
Bayonne est départemental. |
À la découverte
de Bayonne
| Bayonne est divisée en trois quartiers historiques
reliés par des ponts. Le premier, le Grand Bayonne, dorigine
romaine, est le plus ancien. Le Petit Bayonne date du Moyen
Age. Celui de Saint-Esprit était, dans le passé,
plus marginal car habité par les juifs qui ne furent pas admis avant
le XVIIe siècle. Le vieux quartier de la ville sest construit
autour de la Cathédrale et du Château-Vieux qui se dressent
sur une colline dans le Grand Bayonne. |
 |
Le "Grand Bayonne"
Ceint de murailles, il s'étend sur les rives de
l'Adour et de la Nive. On remarque d'abord les deux flèches qui pointent
vers le ciel. Ce sont celles de la cathédrale Sainte-Marie, énorme
temple gothique érigé sur des fondations romaines, puis romanes.
Son plan est en croix latine, à sept travées et trois nefs.
Souvent endommagée par des incendies et la Révolution, son
cimetière fut sur le point de disparaître. Parmi d'autres merveilles
nous citerons la sacristie et son double portail, les splendides vitraux,
le chaire en acajou, le maître-autel de marbre et de vermeil... Les
travaux de réfection commencés en 1850 se poursuivent encore
actuellement et sont bien dans l'esprit de Reims et de Soissons.
Près de la cathédrale se trouve
le Château-Vieux, dont on pense qu'il fut construit sur
le castrum primitif. A l'origine, il consistait en un
donjon hexagonal auquel on a ajouté deux corps de bâtiment,
le principal date du XIVe siècle, et le second, de dimensions
plus réduites, du XVe. Vauban apporta certaines modifications,
mais on y trouve encore des traces de style gothique.
En suivant l'avenue du 11 novembre, on arrive aux remparts
et à l'original Monument aux Morts sculpté après la
guerre de 1914-18.
Signalons également le bel édifice qui abrite
l'Hôtel de ville et le théâtre municipal, et n'oublions
pas de nous promener dans les rues étroites et pittoresques, pour
en admirer les typiques maisons. |
 |
 |
Le "Petit Bayonne"
Ce quartier est situé entre les rives de la Nive
et celles de l'Adour, et relié au "Grand Bayonne" par quatre
ponts. Les maisons blanches à volets verts et rouges se reflètent
dans l'eau de la rivière. Elles n'ont jamais plus de quatre étages
et sous leurs arcades s'ouvrent des boutiques.
Le Musée basque, ouvert en 1922, est installé
dans une maison commerciale du XVIe siècle. Consacré aux sept
provinces basques, on y trouve de nombreuses expositions sur les costumes,
la musique, le mobilier, la décoration, l'artisanat, entre autres
et une importante bibliothèque. Il est actuellement fermé
pour réfection. A proximité, on peut visiter le Musée
Bonnat qui date de la fin du XIXe siècle. Il porte le nom du peintre
bayonnais Léon Bonnat qui céda sa prestigieuse collection
de sculptures, peintures et tapisseries à l'Etat, à condition
qu'elle soit exposée dans sa ville natale. Notons au passage que
l'église Saint-André possède une "Assomption"
de cet artiste.
le Château-Neuf fut édifié sur la butte
de Mocoron, pour la défense de la ville. Bien que modernisé,
il conserve ses murs de 3 mètres d'épaisseur, ses tours énormes
et l'austérité de son aspect massif. A ses côtés
ont été ouverts au public les remparts de Mousserolles encadrant
la porte du même nom, le tout remanié en son temps par Vauban. |
|
Le quartier "Saint-Esprit"
Relié au "Petit Bayonne" par le pont Saint-Esprit,
c'était un faubourg occupé par les juifs entre les XVIe et
XVIIe siècles, d'où la présence d'une synagogue. Bien
qu'il n'en reste plus traces, ce fut un lieu de passage pour Saint-Jacques
de Compostelle.
L'église Saint-Esprit, modeste temple gothique du XVe,
renferme un groupe de bois sculpté et polychrome représentant
la fuite en Egypte. dédié à Louis XI, ce sanctuaire
est très original par sa disproportion. La voûte de l'abside
est d'un tracé compliqué d'arcs, ogives, liernes et tiercerons.
Par la suite se sont édifiés d'autres quartiers,
en rapport direct avec l'expansion industrielle et commerciale. L'ensemble
du Nouveau Bayonne et de Lachapaillet est une zone résidentielle
de villas et d'immeubles, ainsi que de commerces, ateliers, cliniques et
services publics.
Aux Allées Marines, on trouve l'activité liée
au port, avec ateliers, magasins, dépôts, agences, bureaux,
un ensemble de résidences et la sous-préfecture.
Les quartiers Saint-Léon et Marracq sont la conséquence
du développement de Bayonne vers le sud et en longeant la Nive. S'y
entremêlent les habitations, les entreprises, les centres scolaires,
etc... Quant aux zones de Beyris et Mousserolles, elles sont strictement
résidentielles.
Saint-Etienne, au nord du quartier "Saint-Esprit",
est l'ensemble résidentiel le plus récent. Ses immeubles et
équipements collectifs sont de conception architecturale et urbanistique
assez moderne.
A mesure que la ville s'étendait, les communes voisines,
comme Saint-Pierre-d'Irube, Mouguerre, Le Boucau, Tarnos et Anglet, se transformaient
en grande banlieue. Les résidences et les industries provoquèrent
leur intégration dans l'agglomération de Bayonne. |
|
référencée
par
|